30 août 2006

Nausicaa de la vallée du vent

Non, je ne ferai pas de post exhaustif à la façon de l'éloquent Matoo sur le film que je viens de voir en compagnie d’Henri. Je n’aurai pas assez de talent pour ça. Je me contenterai de donner un avis et quelques réflexions.

Nausicaa de la vallée du vent est un long métrage d’animation de 1984, adapté de la bande dessinée du dessinateur Hayao Miyazaki. Ce n’est donc pas – comme certains pourraient le croire – le dernier né du studio Ghibli. C’est au contraire l’histoire d’une héroïne qui resta longtemps – cinq ans en fait – le personnage préféré des japonais après la parution de l’illustré en 1982.

Pour la faire courte, ce film prône l’écologie active (dans le bon sens du terme, pas celui d’un criminel moustachu bien connu de nos prisons françaises) et dénonce l’engrenage de la guerre, l’intolérance et la bêtise humaine.

Même si ce film peut décevoir par certains atours, notamment un certain manque de profondeur des personnages ou encore un happy ending exagéré, il faut lui reconnaître nombre de qualités. Par exemple celle de reflet de la société japonaise. Cela paraît bateau comme ça, mais pour l’avoir étudiée nombre d’années et pour l’avoir côtoyée un mois à Tokyo, je maintiens tout de même avoir vu dans ce film des signes de traumatismes typiquement japonais.

Je pense que le traumatisme de la guerre et de la bombe, qui détruit et pollue toute vie, est encore bien présent dans l’esprit des gens de ce pays. La pollution dont parle ce film n’est pas seulement celle des industries, c’est également celle de l’intolérance et de l’acharnement des hommes à détruire, et à se détruire mutuellement. Pas étonnant alors que l’arme absolue du film, sensée anéantir le mal – référence s’il en est à la fameuse bombe nucléaire – ne cause plus de dégâts qu’elle n’en répare. Pas étonnant non plus que la compréhension mutuelle ne s’opère en fin de compte qu’entre une enfant et des animaux, puisque dans la tradition de Miyazaki les adultes, dans leur majorité, sont trop corrompus mentalement pour avoir une once d’ouverture d’esprit.

C’est ce même discours écologique qui transparaît dans chacun des films de Miyazaki, de manière plus ou moins évidente. Par la religion Shinto dans Le voyage de Chihiro, par le combat mené dans Princesse Mononoke. Ou encore dans d’autre dessins animés comme celui, destiné à un public plus jeune, intitulé Pompoko qui met en scène un clan de raton laveurs espiègles (Tanuki-san) qui piègent les humains afin qu’ils arrêtent de détruire leur montagne et leurs forêts.

Quel mot de la fin sur ce film ? Difficile à dire. Peut-être le simple retour à la réalité d’un passage en métro à Châtelet pour rentrer chez moi : dans un couloir de la ligne 4, une poubelle en feu dégage une épaisse fumée.

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