17 mars 2007

Das Leben der Anderen

Enfin je trouve le temps d’écrire ! La seconde partie du voyage à Philadelphie arrive bientôt, ne vous inquiétez pas.

Après un brunch et une journée bien remplie, des amis et moi avons décidé d’aller voir un film. Malheureusement en ce moment il n’y a vraiment rien de bien aux US en matière de films. Que ce soit 300, qu’on m’a décrit comme inutilement violent et glauque, ou encore Music and Lyrics avec Hugh Grant et Drew Barrymore, vraiment rien de bien.

Il y a un cinéma un peu particulier à New York, le Angelika Film Center situé sur Houston au croisement de Broadway, qui passe des films étrangers nominés et/ou récompensés dans différents pays. Nous en avons pris un au hasard et n’avons pas été déçus.

Cela m’a fait tout drôle de retourner dans ce cinéma. En fait je n’y étais allé qu’une seule fois auparavant et cela datait, si ma mémoire est bonne, du 11 août 2005 pour le film Broken Flowers. Ce n’est pas tout récent, donc. Et c’était pour une occasion maintenant chère à mon cœur.

Le film que nous avons visionné est Das Leben der Anderen, ou The Lives of others comme il a été fidèlement traduit. C’est un drame allemand de 2006 de Florian Henckel von Donnersmarck qui débute dans le métier de manière assez impressionnante. Il a en effet été récompensé cette année de l’Oscar du meilleur film étranger et il a reçu l’an dernier 33 autres prix, plus ou moins connus.

L’action prend place en Allemagne de l’Est avant la chute du Mur de Berlin. L’auteur s’intéresse à la Stasi, le service de sécurité d’État Est Allemand, et à ses pratiques de surveillance de certaines personnalités ou artistes. Au début des années 1980, le scénariste en vogue Georg Dreyman et sa compagne, l’actrice Christa-Maria Sieland sont des intellectuels renommés de ce nouvel État socialiste, même s’ils n’ont pas toujours des idées en accord avec la ligne du Parti. Alors que le ministre de la culture s’enamoure de Christa, l’agent Wiesler est chargé d’observer et d’écouter le couple d’artistes en continu. Mais il se retrouve de plus en plus fasciné par leur vie, bien différente de la sienne.

Le film est marqué par l’austérité du pays et de l’époque. Les pointes d’humour sont rares mais bien disposées dans ce film à la finesse et à l’intelligence réconfortantes. Le caractère principal, l’agent Wiesler, au début du film aussi strict qu’un agent de la Stasi peut l’être, acquiert une âme et une profondeur tout au long du film. On le découvre seul et vide, puis héroïque, à la manière des agents de l’ombre. Ceux qui n’ont pas d’heure de gloire et pour qui une simple mention de reconnaissance si discrète soit-elle signifie déjà un monde.

Je recommande vivement ce film. C’est incontestablement un des meilleurs dont j’ai parlé ici. Et puis je dois dire qu'il a eu sur moi un autre effet, une sorte de déjà-vu. J'étais pourtant tout gamin lorsque le Mur est tombé. Je n'avais pas encore 6 ans. Je ne sais pas pourquoi je m'en rappelle plus que d'autre chose, j'étais à table avec mes parents et le journal de 20h a débuté. Ce soir-là il n'y a pas eu l'énoncé des titres, juste une journaliste en tailleur blanc avec un micro à fil dans la main, debout devant un mur taggé et qui expliquait qu'on allait le détruire. C'était le soir du 9 novembre 1989. Pourquoi cette image et cette soirée s'est-elle gravée dans ma tête de môme ? Je me souviens que mes parents étaient très heureux, et qu'ils ont essayé de m'expliquer en substance ce qui se passait, de m'expliquer pourquoi tout cela était historique. Encore maintenant, alors que je comprends, repenser à cela me remue.

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